L’opération – la veille…

Voilà. Le 8 octobre. J’y suis. C’est là. C’est la date. Pas eu de nouveau report d’opération. J’avoue que les deux-trois dernières semaines, après le premier report j’avais très peur que l’opération soit déprogrammée à cause du Covid. En effet, l’épidémie repartait de plus belle, on commençait de nouveau à voir les reportages sur les hôpitaux surchargés, et on parlait à demi mot des déprogrammations des opérations non urgentes. Et clairement, je n’étais pas urgente. Je guettais mon téléphone sans cesse, de peur qu’on m’appelle mais non. Pas de repos, pas d’appel juste un la veille (qui m’a bien fait flipper) pour me demander si je n’avais pas de symptômes en faveur d’un éventuel coronavirus dans mon organisme. Mais même lui n’aura pas réussi à repousser cette opération.

Tout est prêt, mon sac est fait. J’ai du mettre dedans pour 3 semaines (l’ordi avec le chargeur histoire de continuer à bosser sur mon blog, le téléphone avec le chargeur car je sens qu’Instagram et Two Dots seront mes meilleurs amis durant l’hospitalisation), et mon kit de survie que m’a préparé un de mes meilleurs amis : un livre, des fruits secs et du chocolat pour la fringale, et un masque (il est drôle !). Ce petit cadeau m’a tellement fait plaisir. Bref, je suis prête !

Mon barbu m’emmène, on doit y être pour 15h. On est accueilli par une infirmière très gentille. J’ai pris une chambre particulière, pas envie d’être très sociable à l’hôpital en fait. La chambre est classique, grande, salle de bain privative, fauteuil, table, armoire, télé et une jolie vue sur des travaux en face ! Au pire, je pourrais copiner avec les ouvriers ^^ Je dis à l’amoureux de partir rapidement, il a de la route, il a du travail et surtout, c’est bizarre d’être là, tous les deux, c’est froid comme ambiance, absolument pas romantique et je ne le sens pas à l’aise. Les hôpitaux moi je m’en fous, c’est mon domaine mais je comprends les gens qui ne se sentent pas du tout bien dedans.

Et puis je sais pas, je crois que j’ai envie de me retrouver seule ici. C’est bizarre comme sensation, dur à définir mais c’est mon moment à moi, que j’ai tant attendu.

Et je suis bien. Je me sens bien. Ça fait tellement longtemps que je ne me suis pas sentie ainsi. Comme si, ça y est, j’y suis, plus rien peut m’arriver, ça va être fini, enfin soulagée. Je crois que mon cerveau essaye de m’envoyer ce message. Je ne suis plus stressée, plus angoissée. Sereine.

C’est la valse des visites : l’élève qui fait la prise de sang, les infirmières qui viennent pour faire mon dossier, elles sont toutes plus gentilles les unes que les autres, je leur dis que je suis infirmière aussi, ça crée peut être un lien. Je vois des internes (plein, je crois qu’à force je ne sais plus qui est lequel, entre l’interne gynéco, l’interne anesthésiste…) et ma gynéco enfin. Elle me demande comment je me sens, si j’ai des questions. Je ne crois pas, je suis juste bien d’être ici. Les seules questions qui me viennent à l’esprit concernent la douleur. J’appréhende toujours la douleur, je sais que je n’ai aucun mental pour surmonter ça. Et j’ai peur des traitements antalgiques (mauvais souvenir de simples efferalgans codeinés y’a 20 ans et qui m’avaient mise dans un coaltar dont je me souviens encore). Elles me rassurent. J’ai beaucoup de messages, je ne me suis jamais trop cachée sur ce que j’avais et l’opération qui m’attendait. Ça occupe le temps, et y’a Roland Garros. Ça occupe.

J’ai hâte. Hâte d’être à demain.

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