Le doute…

C’est bizarre hein, ça ne vous a jamais fait ça à vous que quelque chose que vous souhaitez depuis longtemps, que vous savez qu’il faut que ça arrive et que le jour où ça va arriver, vous doutez, vous n’êtes plus sur ? Et bien c’est ce que j’ai vécu parfois suite à l’annonce de l’hystérectomie. Je savais depuis toujours que je ne voulais pas d’enfants. Je n’en ai jamais voulu, ça ne m’a jamais titillé lorsque je voyais mes copines avoir leurs bébés et je crois d’ailleurs qu’elles ont vite comprises qu’il fallait arrêter de vouloir à tout prix me faire porter leur bambin tant qu’il ne savait pas marcher. C’est pas mon truc les enfants, surtout les touts petits. À la rigueur quand ils grandissent, parlent et deviennent autonomes je veux bien, on peut faire des trucs cools avec eux. Et puis je n’en avais besoin dans ma vie, j’avais bien trop à faire pour m’épanouir personnellement, professionnellement, et faire pleins de projets et voyages. Cet égoïsme, je l’assume complètement. Je suis convaincue qu’une femme n’a pas besoin d’une maternité pour être pleinement épanouie mais ce n’est que mon avis personnel.

Tout le monde savait autour de moi ce non désir d’enfants, je ne m’en cachais pas, c’était presque un militantisme même. Et lorsque j’ai annoncé à mon compagnon cette future opération, cela été l’occasion d’une discussion que nous n’avions jamais eu. Celle d’avoir des enfants ou non. Pour moi je pensais que le sujet était inutile puisqu’il savait ma position mais lui avait quand même un désir de paternité. J’avoue que ça été un choc. J’allais être celle qui l’empêcherait d’être père. J’avais presque envie au fil des discussions de lui dire de partir, de trouver une fille qui accéderait à ce désir mais non, il voulait rester avec moi, qu’il ferait son deuil, que ce n’était pas un désir vital. J’ai mis beaucoup de temps à accepter cette situation et aller de l’avant, j’ai vraiment eu des moments de doute voire de déprime, beaucoup de pleurs en silence. Mais tout me ramenait à la raison. Au delà du fait que je ne voulais toujours pas d’enfants, il y avait ces échecs depuis 3 ans qui me gâchait ma vie, notre vie. Je voulais enfin vivre normalement, avoir des projets sans crainte qu’ils soient sabotés par des saignements ou douleurs. Et puis lui aussi voulait que j’aille mieux, lui qui me soutenait tellement, qui était là sans trop être envahissant, lui qui me laissait aussi maitre de mon corps.

Et puis il y a eu des flashs, des doutes, des envies de quelques secondes.

Des pensées de ce que serait notre vie avec un enfant mais bien sur, c’était toujours fugace, ça disparaissait assez vite mais c’était là. Et c’était déstabilisant. Mais c’était toujours aussi des scènes idéales et je ne sais que ô combien la réalité est tout autre. Et puis je sais que c’était en lien avec l’opération. On m’enlevait l’organe symbole de la reproduction, de la féminité selon certaines. Moi qui n’en avait que faire, je lui trouvais de l’intérêt. Mais je savais aussi que cet intérêt soudain était faussé. Faussé par la peur de l’opération, par le doute, par cette mise au front, au pilori, devant le fait accompli, que ça y est, on y est. J’y suis enfin.

Je n’ai jamais eu peur de regretter l’opération. Depuis l’annonce de celle-ci, j’étais vraiment soulagée, j’avais hâte qu’elle ai lieu. Mais j’étais aussi déstabilisée par ces pensées nouvelles et tellement loin de moi. Mais mon utérus savait, me rappelait à l’ordre bien souvent et de plus en plus. Et puis ces pensées ont diminué, disparu, et plus que jamais je savais ce que je voulais.

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